Partager un jeu à plusieurs, c'est faisable !

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Dans un article précédent, j'ai abordé le coeur du système: le co-achat. C'est un mot qui peut faire un peu peur. J'entends déjà certains me dire "Attends là ! Tu veux dire que je vais devoir partager mes jeux avec des inconnus et qu'ils vont peut-être me les rendre abimés ? Je préfère encore acheter d'occasion". Il est certain que dans la vie il y a les optimistes et pessimistes. Il y a les peurs réflexes et les habitudes ancrées. Je suis plutôt dans le premier groupe, les optimistes, mais j'entends bien ce que me disent les inquiets et je vais essayer d'exposer mon point de vue sur la question.

Tout d'abord, nous vivons une transformation de la société. Plus besoin de présenter la consommation collaborative, ses enjeux, ses bénéfices et ses travers. Je laisse à d'autres le soin de théoriser sur le sujet et d'analyser les initiatives en cours. Tout cela est en tout cas révélateur d'un besoin des citoyens: voir du changement s'opérer, par la base et non plus par ceux qui nous gouvernent ou par un système qui nous impose ses contraintes. Les gens, vous, moi, eux, sont prêts à se faire confiance pour mettre sur pied des systèmes où les biens et les services sont partagés ou optimisés à divers degrés et selon diverses méthodes. C'est dans ce contexte que j'entends bâtir coludik. Je souhaite que les joueurs collaborent pour atteindre un but: celui de jouer plus. Si on s'entend sur ce but louable, je suis sûr qu'on peut dépasser l'éventuelle peur qu'on a des autres et instaurer un système de confiance qui se tient.

Maintenant, revenons sur la phrase de notre ami réticent. Il nous parle de "partager ses jeux". Sur coludik, quand je co-achète un jeu, celui-ci n'est pas à moi. Ça pourrait me faire peur, me chambouler, mais à la place, je préfère me dire que j'ai la chance de pouvoir y jouer. Je dois intégrer le fait qu'il ne m'appartient pas. Il faut réussir à se détacher de cette notion de propriété et se réjouir de pouvoir ouvrir cette nouvelle boite pour presque rien, dans une sorte de système de location tournante. Ce qu'on co-achète sur coludik c'est du temps d'utilisation, sur un temps théoriquement infini. Mais comme la durée de vie du jeu, ainsi que l'intérêt qu'on lui porte, eux, sont finis, ce temps d'utilisation prendra fin à un moment donné, non prévisible dès le départ.

Cette notion de propriété, j'y ai bien sûr réfléchi. Il y a en fait deux possibilités. Soit les membres du cercle de co-acheteurs sont copropriétaires du jeu, soit ils n'en sont que co-utilisateurs. Les défauts du premier cas sont plus nombreux. En étant copropriétaire, je vais m'attacher plus que raisonnablement à l'état du jeu et à sa valeur. Je serai plus embêté si le coin de la boite s'abime. Et qu'arrivera-t-il au moment où l'on voudra se départir du jeu ? Il faudra s'entendre en groupe pour une valeur de revente et surtout être même d'accord pour s'en défaire. Cela devient vite compliqué. Ces soucis me semblent abolis quand on détient un droit d'utilisation du jeu. Si l'on ne veut plus y jouer, il suffira de transmettre ce droit. Sur coludik, la valeur de ce droit ne varie pas. Pas possible de faire de la spéculation donc. Et coludik, qui virtuellement possède le jeu, ne connait pas sa valeur... ça tombe bien non ? Par contre, si l'on s'attache moins à l'objet, on risque d'y faire moins attention, j'en conviens. Mais j'ai confiance en la nature du joueur. Tous ceux que je connais sont attentifs au matériel, admiratifs des graphismes d'un illustrateur, etc. J'aime donc à croire que le respect sera la règle. Les soucis seront l'exception. J'ai eu ce même raisonnement avec PlantCatching. J'ai basé tout le système sur le fait que, par nature, les jardiniers sont passionnés, partageurs et gênés quand ils jettent une plante. Et ça marche.

Pour ce qui est de la partie "partager avec des inconnus", je ne me fais pas trop de soucis. Si vous ne voulez pas passer un jeu au suivant, tout comme le covoiturage ne vous inspire pas, vous ne viendrez pas sur coludik. C'est correct et respectable. Les membres, j'ose le croire, seront ceux qui ont un désir et un enthousiasme à collaborer avec les autres joueurs. Le but, rappelons-le, est de dépenser beaucoup moins pour assouvir une passion ou tout du moins un intérêt, tout en rencontrant de potentiels partenaires de jeux. Ce n'est pas rien que de pouvoir le faire. Pour ma part je n'ai pas les finances pour acheter tous les jeux que je souhaiterais et je ne connais pas le monde qui les aurait. Ça me motive assez pour aller à la rencontre des inconnus. Et puis, comme déjà mentionné, nous mettrons en place un système de confiance. Nous en reparlerons dans un autre article car je veux connaitre vos idées sur le sujet: système de notation, positif, négatif, pouce levé ou baissé, noté sur 10, activité qui montre l'implication, ou quoi encore...

Enfin, le marché de l'occasion existe depuis belle lurette. J'ai beaucoup acheté et vendu par l'entremise d'un forum d'ici. Par contre ça ne règle pas mon problème. Quand je vends, pour que ça parte, hormis exception, c'est à un petit prix. Quand j'achète, c'est parce que j'ai eu la chance de tomber sur le jeu voulu au bon moment et à un prix qui me convenait. Je rappelle que sur coludik, on peut co-acheter à tout moment le jeu recherché neuf à petit prix (ou usagé si on a la même chance que sur le forum) puisque par définition on partage le coût. On peut aussi vendre à bon prix, le localiser clairement et peut-être même continuer à y jouer. Rien à voir avec le marché de l'accasion donc.

N'ayez donc pas peur. Des gens arrivent a prêter leur maison pendant qu'ils partent eux-mêmes dans celle d'autres optimistes. Je ne vois pas en quoi ce ne serait pas possible pour des boites en carton :) Pour ma part, ce sujet de la peur est clos. Je vais de l'avant et je vous arriverai bientôt avec des maquettes de la partie la plus importante du site: celle que vous voyez dès la page d'accueil et qui donne envie d'aller plus loin.

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