État de crise

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Rassurez-vous, Coludik est bien vivant. Mais vous avez dû remarquer que j'étais plutôt silencieux ces derniers temps. Il y a d'abord eu les vacances d'été qui se sont éternisées. Puis d'autres projets importants se sont présentés, reléguant un peu le développement de Coludik à plus tard. Cependant il y a aussi un autre point important à mentionner: je dois bien me rendre à l'évidence que Coludik n'a pas été accepté comme je l'aurais souhaité. En lisant les témoignages, je comprends que le joueur moyen n'est pas encore prêt à passer, même partiellement, d'un modèle de propriété et de consommation standard à un nouveau modèle où les jeux sont mutualisés au sein d'un service créé exclusivement pour l'occasion. Mais à côté de cela, il y avait aussi des gens prêts à se lancer mais ne trouvant pas les partenaires nécessaires dans leur proximité. Il y a donc eu un petit effet blues chez moi qui a entrainé une certaine paresse à reprendre sérieusement les rênes de ce projet auquel je crois pourtant toujours beaucoup.

Parallèlement, je relisais aussi des messages qui m'étaient directement adressés et qui me conseillaient d'envisager une stratégie particulière. Bien que ces personnes soient très intéressées par le cofinancement des jeux, elles faisaient le même constat que moi sur le manque d'enthousiasme du monde des joueurs envers Coludik et m'invitaient à ajouter au site une autre dimension: le partage des jeux que les gens possèdent déjà en propre. Selon elles, cela ferait entrer ces joueurs dans une dynamique sur le site et qui sait, un jour, les amènerait peut-être à tenter l'achat à plusieurs pour des nouveaux jeux. J'étais plutôt contre au début, pensant que cette option était incompatible avec ma vision première et qu'elle risquait même de phagocyter le cofinancement. Si on peut accéder à de nouveaux jeux possédés par d'autres en les empruntant, pourquoi alors s'embêter à en acheter à plusieurs ? Mais en y pensant mieux, j'ai réalisé que tous les jeux désirés ne se trouvent pas forcément chez les voisins. Pour une nouveauté disponible ou un kickstarter à venir par exemple, l'acheter à plusieurs prend tout son sens. Et puis la durée d'un emprunt sera aussi sans doute plus courte qu'une période de réservation en tant que cofinanceur. Et enfin, je me suis dit que de toute façon, je n'avais pas vraiment le choix. Il faut écouter les désirs de sa clientèle, s'adapter et s'améliorer. Le cofinancement restera toujours le coeur de Coludik et elle sera disponible pour vous dès que vous vous sentirez prêt. Pour ce qui est du prêt/emprunts des jeux persos, je vous invite à commenter, donner des idées, en bas de cet article.

Pour finir, je voudrais vous livrer cette réflexion. Il n'y a plus moyen d'ignorer les menaces qui pèsent sur l'humanité. Vous les connaissez tous, je ne vais pas les énumérer ici. Certains pensent peut-être juste aux changements climatiques... Pour ma part j'ai été beaucoup plus loin que ça et cela fait plusieurs moi maintenant que je m'intéresse de près à la notion d'effondrement de notre civilisation thermo-industrielle. Je ne veux surtout pas rentrer dans ce lourd sujet ici (si cela vous intéresse, vous trouverez toutes les informations sur le net) mais cela vous donne un peu mon état d'esprit. Pour beaucoup de gens, et c'est vrai pour moi, le monde du jeu de société reste une petite bulle d'oxygène et de plaisir. Il y a le jeu en lui-même et il y a l'aspect social qui nous permet de rigoler entre amis (ou de prendre la chose très sérieuse entre amis, c'est selon). On peut être réceptif et actif dans les problématiques qui nous entourent (plus de voiture, moins de viande, moins de déchets, etc) et rester joueur. Mais avais-je vraiment besoin de le dire ? Oui car ceci étant dit, le marché du jeu, lui, n'est plus vraiment rigolo. Quand on parle de surconsommation et de pollution, notre petit monde ludique ne fait pas exception. Il est même en plein dedans. Personnellement, je suis atteint d'écoeurite aigue en voyant les tonnes de nouveautés, les prix exorbitants, la surenchère de figurines, le comportement d'achat compulsif, certains youtubeurs eux-mêmes compulsifs, la collectionnite à n'en plus finir. On invente aussi des croisières gamers et on prend même l'avion pour y aller... On n'arrête pas le progrès ! Je le dis tout net: notre civilisation est malade. Y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Trop c'est trop. Il y a un moment, je me sentais un peu seul dans ce cauchemar mais petit à petit des voix se sont élevées ici ou là... Et dernièrement, l'article de Shanouillette sur Ludovox m'a fait bien plaisir. Les pieds dans le plat ! Quel travail. Je dis un grand bravo. Je l'ai découvert alors que mon blues était au plus haut. Et c'est lui qui m'a redonné le courage de rédiger ce message puis de me remettre au développement. Merci Maryline. Pour l'acceptation de Coludik, cela prendra le temps qu'il faut, mais mon projet a du sens, j'en suis persuadé. Une fois qu'on aura bien compris que nous nous suicidons collectivement, et quand nous souffrirons individuellement sur bien des plans, tous ces projets seront regardés autrement. Comme le dit Cyril (Dion, pas Atom), il y a des nouveaux récits à écrire. Certains seront en conflit. D'autres ne marcheront pas. Je compte tout de même proposer le mien.

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